Budget 2020-2021 : un autre rendez-vous manqué

Le gouvernement Legault reconnaît l’excellente situation de ses finances publiques. Cependant, comme le déplore la présidente de la CSQ, Sonia Ethier, « malgré un surplus surprise de 2 milliards de dollars, il reste timide dans ses investissements dans les services publics ».

Bien que le dépôt du budget du 10 mars 2020 ne soit pas le moment indiqué pour faire des annonces en négociation, le gouvernement ne peut pas faire abstraction du contexte de pénurie criante de main-d’œuvre s’il veut réussir à mettre en place ses annonces budgétaires.

« Le budget reproduit les offres insultantes de décembre dernier. Ce n’est pas ça qui va permettre d’attirer et de retenir le personnel nécessaire dans les réseaux des services publics. Le gouvernement n’a mis sur la table que 7 % sur 5 ans… Malgré le discours qu’il répète, aucune offre concrète supplémentaire pour le personnel des écoles ou des CHSLD n’a été déposée », rappelle Sonia Ethier.

Dans son dernier budget, le gouvernement propose un chapelet de mesurettes qui sont loin des changements structurants attendus par les milieux. « Si le gouvernement voulait revaloriser les réseaux de la petite enfance, de l’éducation et de la santé, et effacer les cicatrices de l’austérité passée, c’est un rendez-vous manqué! », se désole la présidente.

Des marges de manœuvre importantes

Si on lit entre les lignes, le budget fait place à des marges de manœuvre intéressantes pour améliorer l’offre salariale et ajouter des ressources. La croissance des dépenses de programmes de 3,3 % est bien supérieure au 1,4 % d’augmentation de salaire actuellement proposé.

« Le gouvernement dit vouloir consolider les services en petite enfance, en éducation, en santé et services sociaux, et dans les ministères; il va falloir qu’il utilise sa marge de manœuvre pour offrir de meilleures conditions de travail et salariales aux personnes qui portent ces services à bout de bras », conclut Sonia Ethier.


Des membres mobilisés et déterminés

Réunis devant le Palais des congrès de Québec le 10 mars dernier, des membres de la CSQ ont lancé un message clair au gouvernement Legault : « Nous ne sommes pas qu’une dépense budgétaire. Nous sommes au service de la population et nous sommes aussi des contribuables. Nous en avons assez de la surcharge, des conditions de travail exécrables et du manque d’autonomie! Il faut que ça change maintenant! »

« On a vu le ministre des Finances chausser ses patins, mais nous, nous allons l’attendre dans les coins! a lancé la présidente. Après nous avoir proposé des offres insultantes, en bas de l’inflation, le gouvernement n’a qu’une chose à faire : il doit reconnaître son erreur et reculer! Notre cri du cœur : nous attendons un coup de barre du gouvernement! Nous voulons un budget qui va nous permettre de prendre soin de notre monde. Et si le gouvernement refuse, il va nous trouver sur son chemin. Nous allons nous battre et nous allons nous tenir debout! »